L’importance de savoir perdre
Gérer un portefeuille, c'est comme jouer au tennis: il faut d'abord apprendre les bonnes règles, acquérir les bons réflexes, développer les bons mouvements et ensuite utiliser cet acquis avec constance.
Un bon tennisman ne panique pas lorsqu'il envoie une balle dans le filet, il ne change pas son jeu parce qu'il perd un point, ce qui l'intéresse, c'est de gagner le match.
Sachez donc garder votre sang froid quand vous perdez, ne remettez pas sans cesse en question vos investissements, laissez la méthode vous guider et acceptez de réaliser la perte, c'est-à-dire de vendre quand la méthode l'exige.
Il va de soi qu'il faut réévaluer la méthode à froid. Dans l'effervescence des marchés, alors que vos émotions vous pousseront à agir souvent irrationnellement, une méthode sera un point de repère qui vous aidera à surmonter l'épreuve.
L'animation de "clubs d'investissement" permet de constater combien il est difficile de faire comprendre aux membres que, lorsqu'ils évaluent un portefeuille afin de voir s'il y a lieu de vendre certaines lignes, le prix de revient des titres étudiés ne doit pas être pris en compte. Ce manque de logique a longtemps intrigué grand nombre de professionnels. En fait, ce raisonnement inexact et bizarre est expliqué par le fait que les individus cherchent a posteriori à justifier les décisions qu'ils ont prises plus tôt au lieu de chercher des informations les encourageant à prendre, à chaque instant, de bonnes décisions. C'est là encore un symptôme du renforcement "cognitif" exposé précédemment.
Donc prétendre que: "tant qu'on n'a pas vendu, on n'a pas perdu" est un non-sens aussi dangereux que pour une équipe de football d'oublier qu'elle est menée à la marque. Pouvez-vous jouer au football en oubliant le score, pouvez vous jouer en bourse sans vous préoccuper des pertes latentes de votre portefeuille ? A un moment donné, l'arbitre siffle la fin du match et vous êtes bien obligés alors "d'encaisser" la défaite.
Alors autant connaître le score exact à tout moment de la partie, "bétonner" en défense quand les conditions de jeu l'exigent plutôt que d'attaquer pour le panache, se découvrir en défense et "encaisser" de nouveaux buts.
Une petite parenthèse à l'attention de ceux qui ont dit à l’automne 1989 ... je vous l'avais bien dit de ne pas vendre, les cours sont remontés au niveau du krach ... C'est un peu la même chose que ces entraîneurs qui voyant leurs équipes complètement dominées ne changent pas de jeu, quitte à prendre des buts supplémentaires. Si, à un moment donné de la partie, leur équipe revient au score, ils auront beau jeu de prétendre que leurs décisions (en l'occurrence le refus de prendre une décision) était la bonne.
La bonne décision en octobre 1987- tant pour l'investisseur long terme que pour le trader - était de vendre... ne serait-ce que parce que cela leur aurait permis de racheter le marché en février 1988 et de bénéficier de la reprise.
Sommaire : Analyse technique
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