Comparaison de portefeuilles

Comparaison de portefeuilles

Cette étude consiste donc à comparer trois portefeuilles dans lesquels on aurait investi un euro il y a presque 40 ans et de voir ce que ces portefeuilles seraient devenus aujourd'hui dans les cas suivants :

  • d'abord un portefeuille que l'on aurait jamais touché, c'est la technique du Buy and Hold (j'achète et je garde).
  • Ensuite un portefeuille où l'on aurait manqué les cinq séances les plus profitables de chaque année.
  • Et pour terminer un dernier portefeuille où l'on aurait manqué les cinq pires séances de chaque année.

Voici le résultat :

comparaison de portefeuilles

  • En bleu foncé le portefeuille Buy and Hold : un euro investit-il le 1er janvier 1969 serait devenu aujourd'hui 22,90 €.
  • En mauve, le portefeuille où l'on aurait manqué chaque année les cinq séances les plus profitables : un euro investit le 1er janvier 1969 serait devenu aujourd'hui 10 centimes d'euro.
  • En rouge, le portefeuille avec lequel on aurait manqué chaque année les cinq plus mauvaises séances de bourse : un euro investit le 1er janvier 1969 serait devenu aujourd'hui 13 000 €.

Vous avez bien lu : si on ne fait rien, on a multiplié son portefeuille par 23, si on réussit à éviter les cinq plus mauvais séances, on a multiplié son portefeuille par 13 000 et si j'ai raté les cinq plus gros gains, j'ai divisé mon portefeuille par 10.

Cet exemple est volontairement caricatural pour vous montrer à quel point les gros gains et les grosses pertes ont un impact sur votre compte.

Dans cette démonstration il y a bien évidemment un mécanisme financier très connu qui exagère le résultat : c'est le principe de capitalisation.
Si j’ai un euro et que je perds 50 %, il me reste 50 centimes. À partir de la, pour que je puisse remonter à un euro, il va falloir que je fasse maintenant une performance de 100 %.
C'est exactement ce qui se passe dans le cas où on rate chaque année les cinq meilleures séances. Le principe de capitalisation nous enfonce la tête sous l'eau et ne nous permet jamais de revenir à niveau.
Idem dans l'autre sens, en évitant les cinq plus grosses pertes, la différence par rapport au portefeuille normal amplifie au fil du temps et devient monumentale après quelques années.

Cependant il ne faut pas sous-estimer la portée de ce phénomène.
Quand on fait du trading, il est tout à fait humain de ressentir une absence totale d'envie de reperdre cet argent. Cela nous donne rapidement l'envie de couper cette position avec un gain modeste sans se demander si elle pourrait nous rapporter beaucoup plus.

Inversement lorsque l'on commence à perdre, il est humain de se dire que si on la conserve, il y a une part de chance importante pour qu'on ait l'opportunité dans quelque temps de récupérer ses pertes alors que si on coupe cette position à perte, on sanctionne une situation et on a l'impression que c'est contre-productif.

C'est la raison pour laquelle il est si difficile de réussir en trading. Il faut absolument faire l'inverse des réflexes naturels que nous dicte notre inconscient.

Cet exercice souligne la puissance du principe de capitalisation mais aussi l'importance de la distribution des gros gains et des grosses pertes. Chaque année il y a 220 jours de bourse et j'ai choisi de n'en écarter que les cinq meilleures et cinq plus mauvais. J'aurais pu choisir d'éliminer la meilleure ou la pire semaine, ou bien la meilleure et la pire séance de chaque mois, les résultats auraient été tout aussi impressionnants dans les mêmes proportions

Loic AbadieSamuel Rondot

directeur de www.bestcfd.com



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